Anémie pendant la grossesse: les signes à détecter

Anémie et grossesse
Anémie et grossesse

La grossesse est une période particulière, excitante et angoissante à la fois, et ce, d’autant plus si vous avez lutté pour enfin obtenir la confirmation que bébé est en train de lentement pousser dans votre ventre.

C’est un temps de retour sur soi également, où nombre de femmes prennent conscience de l’importance de prendre soin d’elles et, donc, de leur bébé.

Parfois, elles le réalisent même avant la conception, et ce n’est que d’autant mieux pour pouvoir offrir le meilleur à ce bébé à venir (les 3-6 mois avant la conception étant d’une importance capitale dans ce que vous souhaitez transmettre à votre futur enfant).

Or, prendre soin de soi commence par prendre soin de ce que nous mangeons.

« Nous sommes ce que nous mangeons » clamait Hippocrate, père de la médecine.

Sage homme, il avait bien raison, avant même l’apanage de la médecine moderne et des recherches techno-innovantes associées…

Le bon sens, semblerait-il, contrairement à ce que voudrait nous faire croire l’industrie agro-alimentaire, prête à tout pour nous faire avaler ses dernières spécialités conçues pour être « encore meilleures pour nous », mais surtout pour augmenter toujours plus ses profits… Petit aparté en passant 😉

Besoins nutritionnels pendant la grossesse

Pour bien manger, vous le savez désormais, il est essentiel de revenir à la base: cuisiner des produits les plus bruts, frais et cultivés dans le respect de la terre et des hommes possibles (et oublier au maximum les produits industriels qui enrichissent l’agro-alimentaire avant de contribuer à faire les choux gras de l’industrie pharmaceutique pour traiter tous les maux qui en découlent… oui j’insiste pour encourager votre prise de conscience si toutefois elle en avait besoin 😄  )

Ce que nous mangeons donc. C’est d’autant plus important que ce sont les aliments (et donc les nutriments) ingérés qui vont contribuer à construire votre bébé.

Est-ce que vous construiriez votre maison avec des briques poreuses, qui s’effritent et menacent de ne pas durer dans le temps? Je pense que vous aurez saisi la comparaison 😉

Plus vous mangerez varié, équilibré, cru, avec la part belle aux fruits, légumes, oléagineux, bons gras etc… et plus vous offrirez des nutriments de qualité à votre bébé.

Et notamment des protéines, du calcium, de la vitamine D, de l’iode, des folates, des oméga 3 et du fer, qui sont les nutriments-clés à chouchouter pendant la grossesse.

Sauf, que parfois ce n’est pas suffisant…

Pour de multiples raisons d’ailleurs:

  • des réserves de vitamines, minéraux, oligo-éléments insuffisantes avant la grossesse
  • l’appauvrissement des sols en nutriments suite aux cultures intensives qui ont épuisé les terres
  • un problème d’assimilation au niveau intestinal
  • une grossesse gémellaire (voire plus…!)

Si je recommande quasi systématiquement une bonne complémentation en parallèle d’une bonne alimentation pour les futures mamans que je suis, c’est notamment pour éviter tout risque de micro-déficit et leur assurer une grossesse et un accouchement facilités ainsi qu’une croissance optimale à bébé.

Néanmoins, je sélectionne toujours des compléments qui ne contiennent pas de fer.

Etonnant me diriez-vous légitimement, sachant que de nombreuses futures mamans montreraient un déficit en fer. 

Oui, sauf que, d’une part ce n’est pas aussi fréquent qu’on nous laisse souvent le croire (c’est loin d’être le cas de toutes les futures mamans, j’entends) et que, d’autre part, apporter du fer à quelqu’un qui n’en manque pas est… contre-productif voire même délétère!

En effet, le fer, s’il est en trop grande quantité dans l’organisme, devient pro-oxydant et nous fait « rouiller » de l’intérieur.

C’est pourquoi, il faut savoir raison garder dans le domaine et ne pas faire de complémentation systématique (il en est de même pour le cuivre et le manganèse également: au passage et pour info, un complément multi-vitamines & minéraux de qualité se reconnaît notamment par le fait qu’il ne contient ni fer, ni cuivre, ni manganèse 😉 ).

C’est pourquoi, avant d’avaler tout complément de fer, il est bon de faire l’état des lieux.

D’où l’objet de l’article du jour afin que vous ayez connaissance de cette « subtilité » pas toujours suffisamment diffusée!

Besoins nutritionnels et fer et pendant la grossesse

Causes de l’anémie pendant la grossesse

Le fer est souvent cité en ligne de mire des nutriments qui font défaut à la future maman.

Ce déficit peut conduire à une anémie en raison de la demande croissante en fer de l’organisme pour fabriquer plus de sang, pour elle et pour son bébé.

Une anémie survient lorsque vous n’avez plus assez de globules rouges ou d’hémoglobine pour transporter l’oxygène à vos cellules et vos tissus.

On la qualifie de « ferriprive » lorsque ce phénomène est dû à un déficit en fer.

Pendant la grossesse, le volume sanguin augmente de plus de 50% afin de satisfaire aux besoins du bébé.

Bien entendu, vos besoins en fer sont donc augmentés en conséquence.

C’est pourquoi, il est relativement fréquent (mais pas systématique 😉 ) de souffrir d’un manque de fer alors que la grossesse avance.

Il faut également savoir qu’une anémie peut également être causée par un manque de folates (acide folique ou vit. B9) ou de vitamine B12, hors ou pendant la grossesse.

C’est notamment souvent le cas si l’alimentation est pauvre en bons nutriments.

D’où, encore une fois, l’importance de bien manger et de se complémenter pour couvrir les besoins notamment en B9 et en B12, primordiales pour une croissance harmonieuse de bébé. 

Anémie: globules rouges et transport de l'oxygène

Signes d’une éventuelle anémie pendant la grossesse

Encore une fois, la complémentation ne doit pas être systématique en ce qui concerne le fer.

Trop de fer est néfaste pour votre organisme qui ne l’élimine pas si facilement que ça (d’autant plus que vous n’avez plus vos règles lorsque vous êtes enceinte!).

Il va donc être nécessaire d’écouter votre corps afin de décrypter d’éventuels signes avant-coureurs ou indicateurs d’un déficit en fer.

En effet, si vous souffrez de plusieurs de ces symptômes:

  • fatigue, faiblesse
  • vertiges, étourdissements
  • souffle court
  • petite tension artérielle
  • palpitations
  • maux de têtes fréquents
  • peau, lèvres et ongles pâles
  • peau sèche, ongles cassants
  • infections fréquentes
  • troubles de la concentration
  • mains et pieds froids

Je ne peux alors que vous encourager à en parler à votre gynécologue, obstétricien, sage-femme ou médecin traitant afin de faire effectuer un dosage de votre fer sérique.

Même si ce n’est pas très commun, il faut quand même savoir qu’une anémie sévère peut augmenter le risque d’accouchement prématuré, d’un faible poids de naissance et/ou d’une anémie pour votre bébé et d’une dépression post-partum.

D’où l’importance de ne pas passer à côté, malgré tout 😊

Sachez également que les futures mamans qui souffrent de la maladie de pica (tendance à ingérer des choses non comestibles telles que de l’argile, des craies, de la terre, du papier, du savon etc…) présentent souvent une carence en fer qu’instinctivement elles cherchent à combler de cette manière.

Ce n’est pas systématique mais c’est souvent le cas.

Malheureusement, cette affection est encore tabou et très peu connue dans le milieu médical.

Si c’est votre cas, surtout n’ayez pas honte! Faites néanmoins attention à ce que vous ingérez qui ne soit pas toxique pour vous et bébé ou n’occasionne pas d’occlusion intestinale, parlez-en à votre sage-femme ou votre médecin et essayez de vous faire aider pour comprendre l’origine de ces pulsions “non-alimentaires”.

Et faites réaliser un dosage du fer!

Consultez votre médecin en cas de suspicion d'anémie

Comment consommer assez de fer, folates et vitamine B12?

Une anémie de grossesse peut souvent se gérer facilement avec des améliorations au niveau de l’alimentation et un bon complément.

Si le déficit est léger et/ou détecté tôt, certaines adaptations au niveau de l’alimentation peuvent suffire à le combler.

Comme par exemple:

  • si vous êtes omnivore: manger plus de viande rouge (de bonne origine, bio si possible!), de volaille (bio, fermière, label rouge, bleu-blanc-coeur), de foie de veau/volaille/boeuf (impérativement BIO comme tous les toxiques se concentrent dans le foie!) pour booster vos apports en fer et en B12.
  • en complément ou si vous êtes plutôt végéta*ienne: consommer des betteraves, des olives, des épinards, des algues, des légumineuses, des asperges, des graines de courges, de l’ortie (en velouté, poudre à saupoudrer sur les salades, tisanes), de la molasse etc…                                                                                                              

J’ai récemment posté un article sur la page Facebook de Maman-Nature qui montre à quel point les végétaux n’ont pas dit leur dernier mot dans le championnat alimentaire des teneurs en fer 😄. J’y délivre également une astuce importante pour booster l’assimilation du fer végétal : y adjoindre systématiquement de la vitamine C (jus de citron, poivron, persil, agrumes, fraises etc…) 😉

Si vous souffrez d’une anémie due à un déficit en folates, alors ajoutez vite au menu et le plus souvent possible des légumes à feuilles vertes, des avocats, des agrumes, des choux de Bruxelles, des légumineuses (voir l’article dédié à l’acide folique pour plus de détails).

Si vous présentez un manque de vitamine B12, sachez qu’elle est principalement disponible dans les produits animaux et un peu dans les algues de mer.

Si vous êtes vegan, une supplémentation en B12 devrait être envisagée.

Richesse en fer de l'ortie

A propos des compléments en fer

On vous a décelé un manque de fer suite à des symptômes (voir plus haut) qui ont donné lieu à un examen clinique et un dosage sanguin?

Le médecin qui vous suit risque alors de vous prescrire un complément de fer sous forme de sulfate afin de combler le déficit et réduire l’anémie.

Or, il faut savoir que de nombreuses femmes supportent mal le sulfate de fer qui peut causer des problèmes de foie, de selles noires et d’épisodes de constipation, quand, de surcroît, le transit est déjà souvent ralenti pendant la grossesse.

Si tel est votre cas (ou si vous souhaitez l’éviter), il sera alors intéressant de considérer des apports en fer végétal qui vont soutenir les taux de fer sans causer de dégâts collatéraux de ce type. 

Pour cela, il existe plusieurs sources intéressantes.

L’ortie dont je vous ai parlée plus haut, sous forme de poudre et/ou de tisane.

Le gluconate de fer par exemple, qui est un sel de fer bien assimilé.

Et enfin, la spiruline (algue d’eau douce), qui peut s’avérer être un complément très intéressant quand on souffre d’une anémie parce qu’elle apporte non seulement du fer mais également des vitamines B9 et B12 ainsi que d’autres vitamines et minéraux essentiels.

Contactez-moi par mail ou laissez un commentaire sous cet article si vous avez besoin de connaître de bons complements en fer ou une forme de spiruline novatrice et hautement performante qui, en plus du fer et des vitamines B9 et B12, vous apporterait d’autres nutriments essentiels et vous aiderait à combattre la fatigue et le manque de sommeil (entre autres! ).

Pour info, l’apport journalier recommandé en fer (AJR) est de 27 mg pour les femmes enceintes.

Les sources de fer végétal peuvent contenir moins que cet apport de référence.

Pour autant, elles sont souvent nettement mieux assimilées. 

Richesse en fer de la spiruline, mieux que la poudre: la spiruline liquide!

Pour résumer, ne pratiquez pas de supplémentation spécifique en fer sans avoir clairement identifié un déficit (demandez un dosage sanguin!) mais ne passez pas non plus à côté d’une éventuelle anémie avec les risques qui pourraient en découler.

Gérer correctement vos apports en fer vous garantira une meilleure santé, à vous et votre bébé.

Pas de déficit mais pas d’excès non plus: tout est dans la mesure avec le fer!

Privilégier également de bons apports alimentaires vous aidera dans cette voie-là 😊

Si vous recherchez un complément, assurez-vous qu’il soit bien compatible avec la grossesse , préférez les formes de fer végétal (sous forme de sels assimilables, d’ortie ou de spiruline) et demandez toujours conseil au praticien de santé qui vous suit si vous n’êtes pas sûre de vous.

Avez-vous souffert/souffrez-vous d’un manque de fer pendant votre (vos) grossesse(s)?

Quel complément avez-vous pris? Pour quels résultats? Quels effets secondaires éventuels?

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